Migrations, cartographie et idéologie

Publié le par Landry

A l'origine de ce billet, cette carte de l'agence de l'Union Européenne FRONTEX signalée via Twitter par @VisionsCarto et dont on peut télécharger ici au format PDF la version complète.

Frontex.png

Cette carte a immédiatement résonné avec d'autres cartes des invasions, familières des professeurs d'Histoire géographie et de leurs élèves, celles d'un empire Romain assiégé par les invasions barbares.


Une recherche simple sous Google images avec les mots-clés "Carte invasions barbares" permet de retrouver une multitude de cartes au profil fort semblable à celle-ci:

Des flux identifiés par des flêches de couleurs à l'épaisseur variable qui traversent l'espace menacé, le nom des peuples qui visent cet espace, dans ou hors des cartouches...


Outre cette même impression de "citadelle assiégée", ce qui frappe le plus sur cette carte, au-delà des informations figurées et de la froide obsession statistique qu'elles traduisent, c'est ce qui en est absent.


Pas de données socio-économiques sur les zones de départ et d'arrivée qui pourraient suggérer des pistes d'explications comme l'illustre cette esquisse.

Pas de données géographiques qui pourraient indiquer les périls affrontés par les migrants, pas de mortels déserts ou détroits, juste des flêches de couleurs entre gris clair et gris foncé...


On ne peut s'empêcher de la mettre en regard de cette carte de Philippe Rekacewicz et Olivier Clochard:

http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton11219.jpg?1166178819

 

Du coup, on se prend à lire autrement la carte de Frontex et ces cartouches "DECREASE ..%" qu'elle arbore fièrement et qu'elle aurait pu remplacer par "DECEASE ..%" ...


Pour une approche plus globale et plus humaine, on conseillera vivement cette exposition.


Publié dans Actualité

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